une poesie
Posté le 28.12.2007 par yoline
Les asiles d'aliénés sont des receptacles de magie noire, conscients et prémédités. Et
[SIZE=1]ce n'est pas seulement que les médecins favorisent la magie par leur thérapeutique qu'ils raffinent, c'est qu'ils en font. S'il n'y avait pas de médecins, il n'y aurait pas de malades, car c'est par les médecins, et non par les malades, que la société a commencé. Ceux qui vivent, vivent des morts, et il faut aussi que la mort vive... Il n'y a rien comme un asile d'aliénés pour couver doucement la mort, et tenir en couveuse les morts. Cela a commencé 4000 ans avant J.C., cette technique thérapeutique de la mort longue. Et la médecine moderne, complice en cela de la plus sinistre et crapuleuse magie, passe ces morts à l'électrochoc ou à l'insulinothérapie, afin de bien, chaque jour, vider ces haras d'hommes de leur moi, et de les présenter, ainsi vides, ainsi fantastiquement disponibles et vides, aux obscènes sollicitations anatomiques et atomiques de l'état appelé «bardot». Livraison du barda de vivre aux exigences du non-moi. Le Bardot est l'astre de mort par lequel le moi tombe en flasque, et il y a, dans l'électrochoc, un état flasque, par lequel passe tout traumatisé. Ce qui lui donne non plus à cet instant de connaître, mais affreusement et désespérément méconnaître ce qu'il fut quand il était soi. J'y suis passé et ne l'oublierai pas.» Entrevue radiophonique. Merci à Stéphane pour avoir suggéré la correction de «bardot».
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Textes d'Artaud [/SIZE]
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Posté le 31.12.2007 par yoline
Cogneur de vers à soie
Droits, métronomiques,
A soi-disant de toi,
A soie synthétique...
Collant remisé,
Bas de gamme et faux cils,
D'un idiome brouté
En méthode Assimil...
Prêcheur d'idées reçues
En troupeau docile,
Bourge aux pamphlets qui puent
La conscience tranquille...
Guettant d'un air caniche
Lauriers de Césure
Et statues d'Hémistiche
Aux concours d'enflures...
Enfileur de lombrics
Libres comme l'air
Aux ventres de tes pairs
Aérophagiques...
Ré-actionnaire fossile
Qu'on cote en bulle,
Zéro pointé d'un style
Merdeux que j'encule...
Pétroleur de mouettes,
Vieille planche à vapeurs,
Carotteur d'esthète
Voilé gras pilleur...
Ta création ne vient
Pas d'un divin souffle,
Mais d'un pet de lapin
Qui tringle en pantouffles.
EDOUARD
Posté le 19.01.2008 par yoline
L'exécution
C'était l'heure agréable où le jour qui décline
Ramène la fraîcheur de la brise marine,
Où l'on respire en paix : c'était un soir d'été.
Le soleil semblait fuir avec rapidité,
Et, prêt à se cacher, le soleil, qui peut-être
Dans ce funeste jour n'aurait pas dû paraître,
Éclaira tout à coup d'un rayon solennel
Le front humilié du jeune criminel.
Au moment où le ciel, commuant sa sentence,
Admettait du guerrier la noble pénitence,
La lumière effleura ses boucles de cheveux,
Et la hache levée en réfléchit les feux.
De l'équité de Dieu cette lueur complice,
Ainsi montrait le crime au glaive du supplice
Et le coeur le plus dur en fut glacé d'horreur.
Tels les peuples jadis croyaient, dans leur terreur,
Que, des décrets du ciel échevelé ministre,
Se levait la comète, et que l'astre sinistre,
Comme le sceau divin des réprobations,
Sur la tête des rois balançait ses rayons.
Tout est dit : il est temps que l'arrêt s'exécute ;
Les heures vont passer leur dernière minute ;
Ses crimes sont absous : pour la dernière fois
Les grains du chapelet ont tourné sous ses doigts.
Tranquille et sans orgueil, il demande au vieux prêtre
Ce que Dieu peut lui dire en le voyant paraître ;
Et puis de son épaule arrachant son manteau,
Il livre ses cheveux à l'affront du ciseau.
On le dépouille : il perd cette écharpe charmante
Qu'en pleurant ses amours, lui broda son amante,
Qu'il crut comme aux combats emporter au tombeau.
Pour lui couvrir les yeux s'apprêtait le bandeau.
Quand son superbe front repousse un tel outrage ;
Dans son coeur indompté ramassant son courage,
Et d'un profond dédain soulevant la fierté :
" Esclave, à mes regards laisse la liberté.
" Le crime est une dette, un peu de sang l'acquitte ;
" Je te donne le mien, prends tout, que je sois quitte.
" Devant ce bras captif si la mort ne peut fuir,
" Je veux qu'au moins mes yeux puissent le voir venir. "
Et sur le noir billot il va poser la tête.
Le bourreau stupéfait le regarde et s'arrête :
" Allons, frappe " ; et vers lui le bourreau se courba ;
" Frappe donc ! " cria-t-il ; et la hache tomba.
Le tronc recule et meurt, le sang jaillit et coule,
La tête convulsive au loin bondit et roule ;
L'oeil terne agite encore un regard effacé,
Puis la bouche se serre, et la vie a cessé...
Auteur:Jules LEFÈVRE-DEUMIER
Posté le 19.01.2008 par yoline
[FONT=Times][SIZE=7][COLOR=, un petit comentarie ??
Posté le 28.01.2008 par yoline
[.jpg[/img]trop de peine ,
Posté le 01.03.2008 par yoline
[FONT=Courier][SIZE=7][COLOR=purple], bonne samedi a toute s , et merçi pour vois fgentil cadeaux ma crea de cet soir C'était l'heure agréable où le jour qui décline
Ramène la fraîcheur de la brise marine,
Où l'on respire en paix : c'était un soir d'été.
Le soleil semblait fuir avec rapidité,
Et, prêt à se cacher, le soleil, qui peut-être
Dans ce funeste jour n'aurait pas dû paraître,
Éclaira tout à coup d'un rayon solennel
Le front humilié du jeune criminel.
Au moment où le ciel, commuant sa sentence,
Admettait du guerrier la noble pénitence,
La lumière effleura ses boucles de cheveux,
Et la hache levée en réfléchit les feux.
De l'équité de Dieu cette lueur complice,
Ainsi montrait le crime au glaive du supplice
Et le coeur le plus dur en fut glacé d'horreur.
Tels les peuples jadis croyaient, dans leur terreur,
Que, des décrets du ciel échevelé ministre,
Se levait la comète, et que l'astre sinistre,
Comme le sceau divin des réprobations,
Sur la tête des rois balançait ses rayons.
Tout est dit : il est temps que l'arrêt s'exécute ;
Les heures vont passer leur dernière minute ;
Ses crimes sont absous : pour la dernière fois
Les grains du chapelet ont tourné sous ses doigts.
Tranquille et sans orgueil, il demande au vieux prêtre
Ce que Dieu peut lui dire en le voyant paraître ;
Et puis de son épaule arrachant son manteau,
Il livre ses cheveux à l'affront du ciseau.
On le dépouille : il perd cette écharpe charmante
Qu'en pleurant ses amours, lui broda son amante,
Qu'il crut comme aux combats emporter au tombeau.
Pour lui couvrir les yeux s'apprêtait le bandeau.
Quand son superbe front repousse un tel outrage ;
Dans son coeur indompté ramassant son courage,
Et d'un profond dédain soulevant la fierté :
" Esclave, à mes regards laisse la liberté.
" Le crime est une dette, un peu de sang l'acquitte ;
" Je te donne le mien, prends tout, que je sois quitte.
" Devant ce bras captif si la mort ne peut fuir,
" Je veux qu'au moins mes yeux puissent le voir venir. "
Et sur le noir billot il va poser la tête.
Le bourreau stupéfait le regarde et s'arrête :
" Allons, frappe " ; et vers lui le bourreau se courba ;
" Frappe donc ! " cria-t-il ; et la hache tomba.
Le tronc recule et meurt, le sang jaillit et coule,
La tête convulsive au loin bondit et roule ;
L'oeil terne agite encore un regard effacé,
Puis la bouche se serre, et la vie a cessé...
Auteur:Jules LEFÈVRE-DEUMIER
Posté le 11.04.2008 par yoline
[FONT=Times], flacço[FONT=Times]